| Après la présentation du plan banlieues...déposez vos réflexions, témoignages, attentes... cliquez Nous avons reçu ça... | nom: jean | | question: Comment ne pas s'indigner de l'absence de chiffres à l'annonce du plan banlieues. On nous avait dit un milliard, on nous dit aujourd'hui 500 000 000 pour construire des Trams (ceci représente la coût de construction de 4 lignes...pour toute la France c'est léger!). L'accent est mis sur la sécurité et le renforcement des forces de police dans les quartiers! Aujourd'hui tout le monde sait les dégâts considérables qu'ont créés les rapports police/jeunes au sein des quartiers populaires. Le volet éducatif est misérable, et rappelons que 160 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans qualification. L'éducation doit être au coeur de tout! que faire pour enrayer cela : rien dans le plan...juste de l'école de rattrapage : on invente encore un pansement : soit! Mais c'est en amont qu'il faut agir! Alors que font les enseignants de ces quartiers populaires, que font les chefs d'établissement, pourquoi n'entendons nous jamais parler de chaîne éducative? Comment réformer et mieux travailler ensemble? Nous n'avons pas besoin de plus de stigmatisation, mais de plus de considération! | Bonjour, Félicitations tout d'abord pour votre association qui s'attaque aux racines des problèmes. Je n'arrive pas à accéder à la page : poser votre question à PH MERIEU , aussi je vous transmets ce message. Pour avoir travaillé au plus proche des familles en difficulté en tant que travailleuse familiale, je suis restée révoltée par l'injustice que subissent les enfants selon le milieu où ils naissent et qui n'est palliée en rien par notre système social. Une solution pour moi est déjà de rendre gratuit tous les services, soins concernant les enfants et ce quelque soit la situation des parents. crèches; haltes garderies, centres aérés, même pour les mères de familles qui sont à la maison,, études, activités, etc. Les frais d'éducation d'un enfant doivent être prises au maximum en charge par la collectivité pour amener un minimum d'égalité. Les aides doivent concerner directement l'enfant plutôt qu'être adressées aux parents. Ces derniers doivent être assurés que leur enfant ne manquera de rien quoiqu'il puisse leur arriver à eux. Je vous citerai un simple exemple: J'ai travaillé dans une famille très défavorisée, alcoolisme, drogue, taudis, où vivaient deux enfants. La fillette a huit ans est atteinte d'un cancer dans le bras , a douze ans on l'ampute, entre temps sa mère est morte. Avec des amis, bouleversé par la situation d'Isabelle, nous l'avons entourée au maximum, aujourd'hui elle est mariée, deux enfants et s'en sort avec un courage exemplaire.et nous dit : heureusement que j'ai eu le cancer, cela m'a permis de vous rencontrer, sinon que serais-je devenue dans mon milieu. Isabelle qui était très douée pour le dessin et la danse, n'avait pas la chance elle de faire des activités qui l'auraient sortie de son milieu et lui auraient permis de la valoriser en développant ses dons. Non, les services sociaux n'ont rien fait, et l'ont laissée mijoter dans son taudis avec son frère sans intervenir en rien. Pour ma part à son âge je vivais une enfance où je ne manquais de rien, mes parents de plus me laissent un héritage. Par rapport à Isabelle, je trouve beaucoup d'injustice rien qu'en faisant le parallèle entre nos deux parcours. Aussi j'ai créé une association HériPARtage pour utiliser une partie de mon héritage pour aider des enfants qui n'ont pas eu les mêmes chances que moi et amener d'autres personnes à me rejoindre. Mais je n'ai pas actuellement beaucoup de temps à y consacrer. Je pense que l'héritage est une des premières grandes injustices. Et au lieu de supprimer les droits de succession comme vient de le faire notre président, il aurait fallu au contraire les maintenir et les utiliser pour lutter contre les inégalités criantes que vivent dès le départ les enfants de notre société. Quel est mon mérite à hériter ?.C'est le résultat du travail de mes parents pas du mien. Il faudrait aider aussi au maximum les mères de famille en difficulté, or actuellement on accorde de moins en moins de travailleuses familiales aux familles sous prétexte que cela coûte cher. Pourtant les mères de familles travaillent tout leur vie bénévolement....alors quand elles sont en difficulté, ne méritent-elles pas un coup de pouce ?. Il faudrait aussi favoriser le parrainage d'enfants en difficultés. Des familles pourraient prendre en charge un enfant, selon leurs disponibilités (même qu'une fois par mois ) et créer un lien avec lui. C'est important, les enfants aiment bien sortir de leurs familles (même ceux qui ont des familles dites "normales". et s'il a des difficultés il peut se confier à l'exterieur. Il est rassuré par ce soutien extérieur. Je ne le fais pas plus long pour aujourd'hui car je suis un peu débordée mais je tenais à vous faire ce petit mot pour vous encourager dans les actions que vous avez entreprises. J'avais déjà écrit à Mr Philippe MERIEU que j'apprécie beaucoup. Merci à tous et vive INTERNET qui permet de regrouper les personnes de bonne volonté, et qui ont le souci des autres. C'est très encourageant. Bon tchat. Bien cordialement - Annie MARCINIAK Ma plus grande bataille Abdelislam est un jeune franco-algérien venu en France à l’âge de six, il en a aujourd’hui 24. Il a déménagé avec ses parents d’un village en Kabylie à la montagne pour habiter dans une grande ville de la banlieue parisienne : « J’étais tout petit, ça m’a perturbé d’arriver en France, il y avait des grands bâtiments et plus du tout de vaches ! »Ce changement d’environnement a été à ce point perturbant pour Abdelislam qu’il en a, pendant six mois, perdu l’usage de la parole. Il a passé cette période en classe d’adaptation en cours préparatoire puis lorsqu’il a recommencé à parler, il a redoublé et intégré une classe dite « banalisée ». Ce fut le seul redoublement de son parcours scolaire, un parcours d’excellence, guidé par son père qui voulait absolument qu’il suive la « même filière que les autres : la filière normale »… Son parcours scolaire est marqué par sa plus grande bataille, c’est-à-dire l’orientation à la fin du collège : « A chaque fin d’année, les profs voulaient me mettre en quatrième technologique, puis en troisième technologique… Enfin, moi je combattais pour rester dans la filière générale… L’étape cruciale a été la troisième… : « J’avais ma prof principale qui voulait absolument me mettre en BEP mécanique alors que j’étais parmi les meilleurs de la classe en maths et physique… Bon…. J’avais des problèmes en français. Elle avait organisé des visites spéciales pour que j’aille voir les lycées qui faisaient ce BEP mécanique. J’avais le droit de sécher les cours pour ça… Elle avait tout organisé ! Pour aller au lycée j’ai dû faire appel à l’association des professeurs du collège pour qu’ils m’autorisent à passer en seconde générale. » Abdelislam comprend très vite l’enjeu du choix de l’établissement : « J’ai réussi à rentrer au lycée du quartier assez aisé… » Étant donné ses facilités dans les matières scientifiques, il choisi de préparer un Baccalauréat S, qu’il obtient avec mention bien. Déterminé à accomplir un parcours d’excellence scolaire, Abdelislam se renseigne auprès de ses pairs sur le choix de l’orientation post-bac : « En discutant avec mes camarades, j’ai vu qu’ils visaient tous la Prépa… J’ai su que c’était le plus intéressant pour préparer les écoles d’ingénieur … Et j’ai voulu faire un peu comme mes camarades, comme ceux qui étaient bons, j’ai voulu suivre le mouvement des meilleurs… » Finalement, les mauvaises appréciations inscrites sur son dossier scolaire l’empêchent d’intégrer la classe préparatoire aux grandes écoles. Il se rabat sur un DUT qui lui permettrait plus tard d’accéder à une école d’ingénieur par le biais d’un concours. Au final : Abdelislam a eu un parcours d’excellence : second de sa promotion de DUT, il a terminé major de sa promotion en école d’ingénieur d’Orsay. Cette année il a intégré l’École Centrale de Paris, « une des cinq meilleures écoles d’Ingénieur ». Lorsqu’il évoque les difficultés qu’il a rencontré pour passer les étapes du collège et entrer dans un lycée général, il est en proie à un double un sentiment : à la fois de la fierté d’avoir en un sens résisté aux propositions d’orientation qui lui étaient faites et qui ne lui convenaient pas, et de la peine d’avoir été maljugé par ses enseignants, qu’ils n’aient pas valorisé ses potentiels Ces derniers ont davantage jugé Abdelislam sur son origine sociale : les métiers peu qualifiés des parents (un père ouvrier et une mère femme de ménage) ont hélas tendance à masquer les capacités scolaires de leur enfant. Le bilan qu’il fait de sa scolarité est néanmoins positif : « finalement, ça ne se finit pas si mal ! » Aujourd’hui, Abdelislam s’intéresse de près à la scolarité de ses petits frères et sœurs afin de les aider à faire les bons choix en matière d’orientation : « je suis la référence en matière éducative avec mon frère et ma sœur. » Il va ainsi aux réunions parents-professeurs et renseigne ses cadets afin qu’ils aient une vision plus complète du panel de choix d’orientation qui s’ouvre à eux années après années N. Je m’appelle N. , j’habite à La Duchère, je suis né ici, ça fait 21 ans. J’ai vécu, j’ai grandi ici. J’ai 3 frères et 2 sœurs, tous ont fait des études. J’ai eu le brevet des collèges… La 1ere année, j’ai loupé le bac parce que j’avais rien foutu. La 2nd je l’ai fait à Vénissieux. On m’a dit qu’il n’y avait plus de place à La Duchère. Je me levais à 6h30, je faisais ¾ d’heure de transport tous les matins. J’arrivais souvent en retard à cause des pannes de métro tout ça … Mais bon j’y allais quand même. La 2nd année, j’étais plus motivé, mais j’ai planté une seule matière, comme c’était un gros coefficient il était pas au rattrapage. J’étais un peu déçu. J’en voulais à tout le monde, à mes camarades, même à moi et aussi à mes profs parce qu’ils foutaient rien. Ils s’en foutaient, quand je voyais qu’il y avait le bordel, la musique, ça mangeait ça discutait et qu’ils ne disaient rien, on peut pas travailler. C’est un engrenage. J’ai raté mon bac à 2 reprises et voilà j’ai arrêté. J’en avais marre de l’école, je voulais faire un break. J’ai eu de la chance, comme j’avais travaillé à la régie ils me connaissaient un peu, je leur ai demandé, pour pas rester sans rien faire. Depuis septembre, je travaille à la régie de quartier dans l’équipe « espaces verts ». Je suis en contact de CDDI, c’est un CCD d’insertion. J’ai eu un rendez-vous à la mission locale. On m’a mis en relation avec une conseillère, pour suivre une formation. On a discuté de tout ça et elle m’a conseillé de repasser le BAC en candidat libre. J’ai accepté, parce qu’il me reste que 3 matières à repasser. Ce qui est faisable… Je pense continuer mes études. Enfin, je voudrais continuer, passer le bac en candidat libre, pour être reçu dans un BTS ou quelque chose comme ça. Moi je suis sûr de le repasser parce que j’ai envie. Mais elle m’a vite démotivé la personne de l’Académie… Maintenant, c’est plus en fonction de moi, c’est selon la réponse de l’Académie, Je comprends pas sa réaction… Elle, ça lui change rien, c’est pour moi… Comme il y a eu un retard de quelques jours, elle nous a refusé l’inscription. On avait appelé avec la conseillère, ils nous avaient dit une date, et pourtant, c’était pas celle la. On a envoyé notre dossier début décembre et la fin des inscriptions était fin novembre. Ils nous l’ont refusé. On a écrit une lettre en recours gracieux au recteur qui lui-même a refusé, on a demandé à l’élu du 9ème, il a appelé la personne de l’Académie, elle a refusé…Même lui trouve ça ridicule car on lance une politique, comme quoi on doit sortir les jeunes, ils doivent avoir des diplômes, tout ça… Comment tu veux que j’y croie alors que je peux même pas passer mon bac… Si c’est pas possible, je sais pas, je pense le repasser mais peut être l’année prochaine, dans ce cas là faudra que je continue à travailler, à faire quelque chose, je ferai peut être une formation mais c’est pas ce qui m’intéresse réellement, c’est suivre les études, c’est très importent d’avoir un diplôme, déjà au niveau du salaire, d’avoir un travail qu’on veut réellement, parce que sans diplôme faut dire ce qui est, on fait un boulot de merde, donc c’est très très importent d’avoir un diplôme, Cette année je suis motivé, l’année prochaine je serai un peu plus âgé, il va arriver des évènements, on sait pas quoi, la vie… et voilà si ça se trouve, je pourrais pas passer le bac. Apres je serais trop âgé pour reprendre mes études. Je contais sur cette année… Le problème c’est la ségrégation. On fait bien croire qu’on veut aider les jeunes, l’égalité des chances, tout ça… Quand je regarde juste mon cas, je me dis que c’est vraiment pas vrai. J’y crois pas trop, on parle d’aider les jeunes de banlieues, de les aider à avoir une formation, tout ça, moi qui veux repasser le bac, un diplôme très important, on veut pas pour un retard de quelques jours… Comment après ça je peux croire que ça existe vraiment ce qu’ils disent…C’est une politique un peu malmenée. La destruction des bâtiments, c’est bien pour enlever les moches. Mais ils disent certaines choses, moi je n’y crois pas trop. Ils disent que c’est pour la sécurité et tout ça, mais je sais qu’ils s’en foutent de notre sécurité. Faut être réaliste, ils s’en foutent de ma sécurité, si je vais bien, pas bien… C’est pour essayer de nettoyer le quartier, comme il a dit, on passe un coup de carcher…A 7à8 sur TF1, ils ont dit comme quoi elle était décrite comme « une balafre dans la ville. Si ça c’est pas une comparaison un peu bizarre, une balafre ! …Les banlieues … Fallait que ça pète un jour, je cautionne pas, mais avec tous les politiques, ce qu’ils font croire, tout ça…Il y a un moment donné où les jeunes ils ont craqué. Je dis pas que c’est bien, brûler des voitures c’est pas ce qui arrange, mais ça fait bouger les choses, c’est pour que les élus réfléchissent un peu à ce qu’ils ont dit... A. « Je m’appelle A. , j’ai 20ans, J’ai grandi à la Duchère, depuis tout petit, collège, lycée. J’ai fait un BEP mécanique, que j’ai obtenu avec succès, puis après je suis passé en BAC professionnel, j’ai carrément changé de voix, je suis parti en BAC professionnel logistique, j’ai effectué mon BAC et je l’ai réussi, un peu à la surprise générale, parce qu’ont étaient dans une la classe un peu turbulente (…) Au départ, j’avais choisi mécanique car j’étais attiré par les voitures. J’étais curieux, c’est un beau métier mais ça m’a pas trop plus… La logistique, je connaissais des personnes qui faisaient ça. Il y a beaucoup de débouché, le travail c’est pas ce qui manque dans la logistique (…) lire la suite Nous avons grandi au sein du quartier de Monchovet. Aujourd’hui, nous ne sommes plus des « filles de quartier » mais voilà, ce que nous en gardons. Notre quartier, c’était avant tout un lieu de vie où l’on jouait à s’en noircir les mains ne voyant pas le temps passer avec la nuit comme seul repère. l était temps de rentrer… C’est alors dans ces seuls moments là que dans la tête de petites filles les mots jouer, rire, grandir, s’épanouir, avaient un sens. lire la suite |